
EROSIO
Bureau sculptural
Né du dialogue entre la main et la matière, Erosio est une évocation silencieuse du paysage en transformation. Cette pièce s’inscrit dans une réflexion autour de l’érosion et, plus largement, des formes façonnées par la rencontre entre forces et matière. J’y perçois une poésie discrète, celle de notre rapport au monde.
Le piètement est réalisé en érable sycomore massif, par stratification, en écho aux couches géologiques des falaises. L’ensemble est façonné à la main pour faire émerger le volume organique, aux lignes à la fois fortes et fluides. La sculpture révèle un paysage, elle évoque la roche façonnée par le vent, l’eau, le temps.
La finition, une huile de lin pigmentée blanche, a été choisie pour évoquer la minéralité des falaises. En jouant sur les différences de ponçage, la teinte réagit de manière inégale, créant des nuances subtiles qui rappellent la roche de craie.
Le plateau est une grande pièce ovale en verre trempé, laqué d’un bleu profond. Sa surface miroir capte la lumière et reflète le paysage environnant, évoquant la surface calme d’une étendue d’eau à la tombée du jour. En se déplaçant, le reflet évolue, le paysage devient mouvant, instable, insaisissable.
​
La rigueur fonctionnelle du plateau et sa fragilité apparente entrent en contraste avec les lignes organiques d’un piètement sculpté, solide comme la roche. Dans ce contraste se joue la tension du construit et du fluide, celle du geste humain face aux forces naturelles. Mémoire du geste et empreinte du temps, la texture devient à la fois point d’ancrage et lieu de dérive, comme on suit du doigt les traces laissées sur une roche par des millénaires d’eau et de vent.

Cette pièce est pensée comme une forme mobilière fonctionnelle, mais habitée par une dimension poétique et artistique. Un bureau qui devient présence et surface de projection mentale.​ Erosio est un fragment de paysage, pour se souvenir que rien n’est figé : un espace pour écrire, penser, rêver, dans un monde en mouvement.
