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OKINI

Cabinet de dégustation

Chêne massif sculpté, brossé, et ébonisé,

MDF et CP plaqué chêne, valchromat,

liège, finition à l’huile de lin.


170 x 82 x 47 cm ​

Déclinable sur demande

(dimensions, essences ou coloris)

Okini est un cabinet de dégustation conçu pour accueillir bouteilles de vin et spiritueux, verres et accessoires liés à l’art de la dégustation. Au-delà de sa fonction, cette pièce s’inscrit dans une réflexion sur les phénomènes de transformation, l’action du temps et la manière dont la matière se modifie et se révèle, notamment ici, dans l’univers de la viticulture.

Le piétement en chêne massif sculpté à la main, évoque une matière vivante, marquée et grandissante. Il est directement inspiré de la vigne, dont la sculpture fait écho à l’écorce tourmentée du cep, façonnée par les saisons et les contraintes du milieu. Cette texture irrégulière contraste avec les lignes plus structurées du corps du meuble. La continuité visuelle est alors assurée par la couleur et par la manière dont les pieds viennent s’ancrer et remonter sur la partie supérieure du cabinet, comme une force qui pousse et soutien la pièce.

Les portes sont traversées par une faille. Leur asymétrie, leurs cassures et leurs irrégularités ne relèvent pas du décoratif, mais d’une volonté de rendre visible l’imperfection comme trace d’un processus. Le dégradé de texture et de couleur, suggère une transformation en cours, comme si la matière était soumise à une évolution. La surface semble être altérée, tel un vignoble éprouvé par le gel, la sécheresse ou désormais le feu, en somme, par les éléments et par le temps.

Ce travail de surface repose sur une succession d’interventions manuelles. Le chêne est d’abord brossé afin de creuser les fibres et créer un dégradé de texture, d’une matière fortement marquée en partie basse vers une surface polie en partie haute. La coloration noire par ébonisation intervient ensuite, avant un second brossage, destiné à retirer progressivement de la matière en surface et à faire apparaître un dégradé de couleur. Ce double travail permet d’associer transformation texturale et transformation chromatique.

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L’ébonisation joue ici un rôle central. Cette technique de teinte naturelle repose sur une réaction chimique entre les tanins naturellement présents dans le chêne et une solution d’acétate de fer, obtenue par la dissolution de laine de fer dans du vinaigre durant plusieurs semaines. Cette réaction provoque une coloration sombre, profonde, et parfois imprévisible. Le choix de ce procédé n’est pas uniquement visuel, il s’inscrit dans une logique de transformation naturelle, où la matière réagit, évolue et se révèle.

 

Ce travail fait directement écho au monde du vin, tout comme le choix du chêne en référence au monde de la tonnellerie. Dans la viniculture, les tanins sont essentiels à la structure, à la texture et à la capacité de vieillissement du vin. Issus du raisin et du bois des fûts en chêne, ils se transforment avec le temps, s’assouplissent, se fondent, enrichissant progressivement le profil du vin. De la même manière, l’ébonisation repose sur une réaction chimique qui dépend des tanins, et du temps. Dans Okini, le bois et le vin partagent ainsi un même langage : celui d’une transformation où le temps fait son œuvre.

 

Au-delà de sa fonction, Okini propose un temps suspendu : une pause pour observer, toucher, ressentir. C’est un meuble qui accompagne l’usage, mais qui invite aussi à ralentir, à réapprendre à nous émerveiller ; c'est une réflexion sur l’art de vivre, une ode à la vie.

Photos : © T. Périsse

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