
OBSID
Console sculptée
Chêne et érable ondé sculptés,
finition laque, teinte, vernis satiné.
130 x 85 x 30 cm
Déclinable sur demande
(dimensions, essences ou coloris)
Obsid prend naissance dans un état extrême, celui de la lave encore incandescente, saisie à la limite de sa métamorphose. Le plateau en érable sycomore ondé, en conserve la mémoire lumineuse. Ses ondes naturelles, soulignées par un travail de teinte, diffusent une clarté, semblable à celle d’un corps porté à haute température, qui rayonne avant de s’éteindre. L’érable devient surface vibrante, parcourue de reflets changeants, dansant avec la lumière et les mouvements. Ce plateau évoque l’instant où la matière brûlante émet sa lumière propre, juste avant de se figer. Il laisse également apparaître un second élément, plus petit, partiellement suspendu dans le vide, comme un fragment retenu au seuil de la bascule.
En se refroidissant, cette énergie se condense, se densifie, s’assombrit. Elle devient roche. Le piètement en chêne massif laqué noir, incarne cette transition vers l’obsidienne, cette roche volcanique vitreuse née d’un refroidissement brutal de la lave. Il est sculpté dans le cœur du bois, zone habituellement écartée à cause de ses tensions et fissures. Mais dans une création volcanique qui trouve son origine au cœur de la Terre, cela prend tout son sens. Et, plus qu’assumés, ces craquements deviennent la base du travail de sculpture, où, comme la Terre qui se fracture sous la pression des plaques tectoniques, le geste suit ces lignes et les révèle.
Plutôt que de figurer la fluidité de la lave par une forme libre et mouvante, cette pièce choisie d’inverser les rôles attendus. Le plateau adopte une géométrie volontairement structurante, aux lignes droites et contenues, afin de concentrer l’attention sur la vibration lumineuse de la matière, rendue incandescente par l’érable ondé, couplé à un mélange de teintes. Et c’est dans le piètement que s’exprime la rupture, la tension et le craquement, comme si la roche, en se solidifiant, conservait les traces de l’intensité de sa naissance. La faille centrale du piétement est droite, quasi nette. Elle est comme une fissure volcanique vue du ciel. Cette faille ainsi que l’orientation de la sculpture sur le chant du plateau, guident le regard, vers le fragment en équilibre. Tout converge alors vers cet instant de bascule, marquant dans le paysage, un avant et un après.
